" "

Avec l’usage massif d’Internet dans la communication des entreprises, les éléments de langage quittent la scène politique pour se diriger vers le monde de l’entreprise. Éléments d’explication.

Dans le film Quay d’Orsay (Bertrand Tavernier, 2006), le ministre des Affaires étrangères donne au jeune énarque Arthur la mission du langage. Ce film mêlant humour burlesque et éléments de vérité révèle l’importance des mots, du choix des mots dans une communication. Arthur est chargé de les récolter et de les choisir pour les discours du ministre. la récolte de ces mots dans une intention de communication, on appelle cela des éléments de langage.

Cadrer le propos

Apparus à la fin des années 2000, le terme “éléments de langage” revêt une réalité bien plus ancienne dans le monde de la communication politique, qui s’étend désormais bien au-delà de ce seul secteur. L’objectif était, à l’heure du développement massif des chaînes d’information en continu, de cadrer au maximum les propos des hommes politiques, largement entendus et enregistrés toute la journée, susceptibles d’être relayés dans les moindres détails et en dehors de leur contexte. Les éléments de langage sont une forme d’argumentaire donné, préparé à l’avance et répété dans le cadre d’une communication ciblée.

Le vrai atout des éléments de langage

Ils ont particulièrement mauvaise presse parce qu’ils sont associés à la langue de bois. On parle des petites phrases préfabriquées, préparées à l’avance pour percuter en plein débat politique. C’est en partie vrai, mais il ne faut pas négliger tout le travail d’argumentaire mis en place pour soutenir les opinions d’un camp politique, ou encore déconstruire le positionnement d’un adversaire. Les éléments de langage visent à renforcer les thèses d’un homme politique ou d’un parti dans une intention communicationnelle. Leur préfabrication a aussi pour rôle de garder l’unité autour d’un socle commun d’idées, lesquelles servent le plus souvent à bâtir les ouvrages des candidats politiques aux élections présidentielles (lire l’article : “Dédiabolisons les éléments de langage”).

Pour éviter la dispersion

Si les hommes politiques les utilisent, pourquoi pas les chefs d’entreprise ? Les grands comptes en ont évidemment besoin dès lors qu’il s’agit d’un sujet sensible comme la gestion des ressources humaines et toute forme de gestion de crise. Mais il ne faut pas oublier que le langage devient une activité à part entière d’une PME, même d’une TPE depuis la révolution numérique. Étonnant à prime abord : Internet, c’est d’abord du texte et de l’hypertexte. Face à cette multiplication des supports de communication, il est inévitable de trouver un socle commun du langage pour ne pas disperser la communication de l’entreprise.

Les éléments de langage serviront à toutes les rédactions de l’entreprise : communiqués et dossiers de presses, rapports, blog, site internet, réseaux sociaux… Ils définiront un ensemble de champs sémantiques à employer, réuniront un certain nombre de thèmes à utiliser, des documents et des synthèses à exploiter. C’est une ressource inépuisable qui peut évoluer à travers le temps. Ils sont la base d’une construction éditoriale de chacun des médias. Les mots étant devenus omniprésents, les éléments de langage structurent, donnent une conduite d’ensemble pour la communication d’une entreprise avec l’appui d’une documentation solide.

Mettre en place ses éléments de langage

Pour rassembler tous ces éléments, il faut mettre en place :

  • des entretiens qualitatifs avec les salariés de l’entreprise
  • des entretiens qualitatifs avec le client
  • une charte sémantique
  • une documentation fournie autour du secteur d’activité
  • des éléments de rédaction

Ces différents éléments de langage sont indispensables au bon fonctionnement de la communication de l’entreprise, autant pour les communicants eux-mêmes que pour les dirigeants. L’Écriture digitale est à votre écoute pour déterminer ensemble les meilleures étapes à suivre dans votre communication.