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Pour un ancien spécialiste du papier comme moi, bien écrire en respectant les règles du référencement naturel est une exigence radicalement différente*. Tout simplement parce que la plupart de ceux qui dictent les règles du référencement ont plus un profil de technicien que de rédacteur. Tout simplement aussi parce que les rédacteurs rechignent à mettre le nez dans cette matière qu’ils ne jugent pas assez littéraire à leur goût. Pourtant le référencement est au web ce que la mise en page est au print.

Relativiser les règles du référencement naturel

Prenons, en guise d’exemple, une règle de référencement naturel que tout le monde connaît bien, que je connais bien aussi pour la pratiquer assidûment tout au long de mon site : la règle du texte long. En effet, plus le texte est long, plus il contient de signes, mieux il est référencé. Argument de plus pour ajouter des mots à votre contenu. 2500 : c’est le nombre de mots pour les articles les plus performants pour le référencement. Mais paradoxe : plus le texte est long, plus cela fait fuir l’internaute. Les usages nous montrent que l’internaute prend rarement le temps de s’arrêter plus de 60 secondes sur une page. Un texte long augmente le « taux de rebond » de votre site (pourcentage des internautes qui consultent une page web et quittent le site aussitôt après). Plus le taux de rebond est élevé, plus cela impacte négativement votre référencement naturel.

Les contraintes techniques régulent l’usage de l’écriture.

Que choisir alors ? Dans un premier temps, il convient de bien relativiser l’importance des règles techniques sur notre écriture. Comme me le précisait récemment un confrère, avoir un peu de bon sens peut suffire à pratiquer un bon référencement. Cela vaut-il vraiment le coup d’écrire un article de 2500 mots ? Aussi, il ne faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour comprendre que la titraille a besoin de hiérarchie. C’est pourquoi il faut lui attribuer des balises HTML** comme par exemple la « h1 » pour les titres et la « h2 » pour les intertitres, et les autres (h3, h4…) si votre article se décline comme un plan de dissertation – à déconseiller cependant.

Du bon usage de la technique

Il ne faut pas sous-estimer pour autant la technique. Après tout, les règles ancestrales de l’écriture journalistique étaient totalement dépendantes du support papier. La hiérarchie de l’information servait à découper les fins d’article qui avaient moins d’importance que le reste de l’article, dans le but de faire de la place. Ce qui était une contrainte technique est devenu une nécessité de lecture : le message essentiel se trouve en haut de l’article pour être trouvé par le lecteur qui n’aurait pas l’ambition de lire l’article. La lecture sur écran étant la même, cette règle n’a pas changé sur le web. D’une certaine manière, on peut dire que les contraintes techniques régulent l’usage de l’écriture. Il en est de même pour le référencement naturel.

Faire confiance au robot d’exploration Googlebot

Sur Internet, comme sur n’importe quel autre support, la première question à se poser est de savoir si notre article sera bien lu et compris par les personnes que l’on souhaite toucher, puis par l’ensemble des internautes. Après, seulement après, il faut prendre conscience qu’on est lu par notre cher Googlebot, le robot de Google qui passe au crible nos sites Internet. On adaptera alors notre texte en fonction de ce qu’il lit et prend en considération. Sachez-le, ce robot évolue et se perfectionne. Son objectif ? Faire en sorte que les textes sur Internet soient les plus propres possibles, équivalents à leurs confrères du print, ni plus ni moins. Profiter des règles du référencement pour en faire un usage abusif – comme abuser des mots-clés – est contre-productif, car tôt ou tard, ces usages seront sanctionnés. Le mieux encore est de rédiger pour être compris, sans se soucier du référencement.

C’est pourquoi L’Écriture digitale vous propose une double formation à l’écriture et au référencement Bien écrire sur le web, l’un n’allant pas sans l’autre.

Pierre-Emmanuel Mérand

* Ce sont toutes les bonnes pratiques sur Internet qui augmentent la visibilité de votre site web sur les moteurs de recherche.

** Langage du web qui permet la structure sémantique et la mise en forme du contenu des pages.